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NEWSLETTER Volume 1 No. 2

 

EVELYN WAUGH NEWSLETTER

Volume 1 Number 1 - Spring 1967


GRAHAM GREENE'S TRIBUTE

Evelyn Waugh was the greatest novelist of my generation, but in the shock of his death I can only write of my love for him as a friend. He had the rare quality of criticizing a friend, harshly, wittily and openly to his face, and behind the friend's back of expressing only his kindness and charity. We were deeply divided politically, we were divided even in our conception of the same church, and there were times when certain popular journalists tried to push us into what the Indonesians call a confrontation, but Evelyn Waugh had an unshakable loyalty to his friends, even if he may have detested their opinions and sometimes their actions. One could never depend upon him for an easy approval or a warm weak complaisance, but when one felt the need of him he was always there.

NANCY MITFORD'S COMMENTARY

J'ai connu Evelyn Waugh en 1928. II venait d'épouser ma meilleure amie, Evelyn Gardner (la nièce du lord Carnarvon qui a découvert les tresors de Toutankhamon). EveIyn était petit, charmant à voir avec les cheveux bouclés et des yeux bleus auxquels rien n'échappait. Sa femme, encore plus petite que lui, ressemblait à un ravissant garçon, un page. Le mènage paraissait particulièrement heureux. Mes parents étant au Canada et notre maison à Londres fermée, il me fallait une base d'où je pourrais participer aux folies de cette année, peut-être la plus folle de toutes celles d'entre les deux guerres. Les Evelyn m'invitaient à m'installer chez eux dans leur minuscule appartement de Canonbury Square. Waugh avait déjà publié Decline and Fall; il était en train d'écrire Vile Bodies. Les personnages de ces romans, pris sur le vif, étaient plutot moins ecervelés que leurs modèles.

Les jeunes Anglais de la société vivaient alors dans une frivolité écrasante; la jeunesse d'aujourd'hui est censé être frivole, mais elle me paraît la sobrieté même à coté de ce que nous étions. On ne voyait guère le jour, sauf aux heures du petit matin; chaque nuit ii y avait un bal costumé: the White Party, the Circus Party, the Boat Party, etc. On en parle encore entre croulants. Bientôt la porte de ma petite chambre ne fermait plus à cause d'un énorme tas de costumes que je n'avais pas le courage de ramasser. Dans cette bourrasque d'idiotie, le mariage des deux Evelyn fit naufrage. Occupée de mes propres affaires je n’avais rien remarqué; je crois que Waugh, aux prises avec son livre, était aussi étonné que moi.

C'était pour lui un coup très dur. II semblait changer de caractère; devint sérieux; se convertit. Quelques années plus tard il épousait une autre jeune et jolie parente de Carvarnon, Laura Herbert; ce mariage fut parfait et il en eut six enfants. II continuait à observer et à "chroniquer" les folies de ses contemporains mais d'une facon plus sévère et, pour ainsi dire, de I'extérieur; iI ne faisait plus partie de ceux qui ne vivaient que pour s’amuser. Quant à moi, je n'ai jamais revu I'autre Evelyn mais Evelyn Waugh est resté un ami fidèle et sûr; il est une des personnes au monde que j'ai le plus aimées.

II s'est installé à la campagne mais il n'est jamais devenu ermite; il allait toutes les semaines à Londres où il était un habitué de I’élégant White's Club. II aimait beaucoup une poignée d'amis et de moins en moins les gens qu'il ne connaissait pas bien. Son entourage n'était pas ménagé; il critiquait tout le monde d'une façon sauvage et il était terriblement taquin, mais il n'y prenait avec tant de drôlerie qu'on lui pardonnait facilement ses boutades. Avec son génie de romancier il voyait dans le for intérieur de chacun et il pouvait être assez déroutant. II était une des rares personnes de nos jours qui aiment à recevoir et à écrire des lettres.

Quand sa correspondance sera publiée elle révélera un talent comparable à celui de Voltaire. D'ailleurs, tout en exécrant Voltaire il lui ressemblait beaucoup. II avait la même bonté cachée sous la même irascibilité. Tous les deux haissaient le grand monde sans pouvoir tout à fait s'en passer. Comme Voltaire, Evelyn était un travailleur achamé et aimait corriger et récrire ceux de ses livres qui avaient déjà paru. II vient de publier en un seul tome, les trois volumes de son grand roman de la dernière guerre. Si Waugh n'est pas apprécié en France comme il le mérite c’est probablement que son oeuvre est intraduisible.

A la guerre, comme on aurait pu le prévoir, ce fut un héros. II n'avait peur de rien et ne demandait pas mieux que de tuer autant de Foreigners que possible. Je crois que pour lui tous les étrangers était à mettre dans le même panier.

Comme hôte, Evelyn n'était pas de tout repos. Je me souviens d'avoir invité le Père Couturier à déjeuner avec lui, une fois qu'il se trouvait à Paris. Ce charmant prêtre, censé être trop a gauche, ne lui plut pas. Evelyn lui a demandé pourquoi les églises parisiennes affichent les mots liberté, egalité, fraternité. Le Pêre fit observer que ces sentiments sont plutôt chrétiens; la reponse ne convenait pas plus à Evelyn que les réflexions du Père au sujet de la guerre d'Espagne. Evelyn faisait le sourd; je lui demandais s'iI ne voulait pas se mettre plus près du père pour mieux I'entendre - il repondit sèchement qu'il entendait déjà beaucoup trop.

Je crois que le côté conservateur d'Evelyn venait d'une façon poétique et romantique de concevoir notre univers. La laideur et la mécanisation des temps modernes I'ont rempli d’une terrible tristesse. Farouchement patriote, il croyait voir “ma malheureuse patrie” tomber dans la décadence. Chacun sait que Londres, au moins du point de vue architectural, est devenu une succursale de New York mais, ce qui est encore plus navrant, nos vieilles villes de province ont presque toutes été éventrées et reconstruites dans le goût americain. Tout cela le mettait hors de lui ainsi que la littérature moderne écrite dans un langage si pauvre et dénué de style. Mois ce qui I’avait blessé le plus profondement ce sont les decrets du Concile. C'était un supplice pour lui d'entendre la liturgie dans un anglais plat et terne. On a I'impression qu'il s'était réfugié contre la laideur du monde dans I'église catholique et que, tout à coup, il se trouvait livré à ses bourreaux. Ces demiers mois il a sombré dans une noire mélancolie; personnellement je suis sûre qu'il est mort d'un coeur brisé.

SUPPLEMENTARY CHECKLIST TO THE DLK BIBLIOGRAPHIES

The standard Waugh bibliographies are by Doyle (Bulletin of Bibliography, May-August 1957); Linck (Twentieth Century Literature, April 1964); and Kosok (Twentieth Century Literature, January 1966). This newsletter will regularly publish checklist material supplementing these three compilations.

Prefaces Written by Waugh

Wicklow, Earl of. Fireside Fusilier. Dublin: Clonmore and Reynolds, Ltd., 1958, pp. vii-viii.

Knox, Ronald. A Spiritual Aeneid. New York: Sheed and Ward, 1958, pp. v-ix.

Newby, Eric. A Short Walk. Garden City, N.Y.: Doubleday, 1959, pp. 11-12.

Knox, Ronald. Proving God: A New Apologetic. London: The Month, 1960, p. 7.

Belloc, Hilaire. Advice. Harvill Press,1960, p. 7.

Mclnerny, Timothy. The Private Man. New York: Ivan Obolensky, Inc. 1962, pp. vii-xiv.

Carson, Anthony. Travels, Near and Far Out. New York: Pantheon, 1963, pp. v-vi .

Galsworthy, John. The Man of Property. Mt. Vernon, N. Y. : A. Colish for the Limited Editions Club, 1964, pp. v-viii.

Fielding, Daphne. The Duchess of Jermyn Street. Boston: Little, Brown, 1964, pp. 3-4.

Duggan, Alfred. Count Bohemond. New York: Pantheon, 1965, pp. 5-7.

GRATITUDE EXPRESSED

EWN expresses its appreciation to Graham Greene and Nancy Mitford for contributing their comments about Waugh. Miss Mitford's essay originally appeared in Arts e Loisirs and was read by Dr. James F. Carens, who kindly called it to our attention and rightly suggested that it be shared with a wider audience.

GREENIDGE-WAUGH FILM AVAILABLE

Dr. Charles E. Linck, Jr. can show and comment upon the Evelyn Waugh-Terence Greenidge 1924 silent home-made film, The Scarlet Woman, for any large interested audience, such as the MLA, NCTE, etc. The only stipulation Dr. Linck makes is that some news reporters be present so that an account of the film will be made public. Interested groups are asked to write directly to Dr. Charles E. Linck, Jr., Box 3002, E. T. Station, Commerce, Texas 75428.


The Evelyn Waugh Newsletter, designed to stimulate research and continue interest in the life and writings of Evelyn Waugh, is published three times a year in April, October, and December (Spring, Autumn, and Winter numbers). Subscription rate for libraries and interested individuals: $1.00 a year. Single copy 35 cents. Notes, brief essays, and news items about Waugh and his work may be submitted, but manuscripts cannot be returned unless accompanied by a stamped, self-addressed envelope. Address all correspondence to Dr. P.A. Doyle, English Dept., Nassau Community College, State Univ. of N.Y., Garden City, N.Y. 11530.

Editorial Board  
 Editor:  P.A. Doyle
 Associate Editors:  Alfred W. Borrello (Nassau Community College, SUNY)
   James F. Carens (Bucknell University)
   Robert M. Davis (University of California, Santa Barbara)
   Heinz Kosok (University of Marburg)
   Charles E. Linck, Jr. (East Texas State University)

 

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